Thermostat obligatoire : pourquoi c’est 2030 et non 2027 pour votre logement

Réglage d'un thermostat mural connecté

Si vous habitez un logement déjà construit, vous n’êtes pas obligé d’installer un thermostat avant le 1er janvier 2030, et non 2027 comme on l’entend partout. Le décret du 26 décembre 2025 a reporté de trois ans l’obligation de régulation pièce par pièce pour les logements existants. Seul le neuf reste tenu par l’échéance de 2027. C’est un fait récent que peu d’installateurs ont intégré, et il change le calendrier de bien des propriétaires qui se croient pris à la gorge.

Le texte de référence reste le décret n° 2023-444 du 7 juin 2023 : il impose d’équiper les bâtiments chauffés d’un système de régulation automatique de la température, par pièce ou par zone. L’échéance était d’abord fixée au 1er janvier 2027 pour tout le monde. C’est le décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025 qui a déplacé le curseur à 2030 pour l’existant. Le texte prévoit aussi des exceptions en cas d’impossibilité technique ou de coût manifestement disproportionné, mais je n’irai pas plus loin que ce qu’il dit.

Connecté ou simplement programmable : ce que la loi demande

Le mot qui fait vendre, c’est « connecté », et c’est là qu’on entretient la confusion. La loi porte sur la fonction de régulation, pas sur le caractère connecté de l’appareil : un thermostat programmable suffit. Des têtes thermostatiques programmables sur vos radiateurs ou un thermostat programmable filaire répondent déjà à l’exigence. Le texte ne réclame ni application smartphone, ni accès Wi-Fi.

Côté budget, comptez de l’ordre de 50 à 80 € la vanne pour des têtes programmables, et autour de 100 à 200 € pour un thermostat programmable filaire (fourchettes indicatives 2026). Les systèmes connectés multi-pièces montent nettement plus haut. Voici les trois familles côte à côte.

ÉquipementPrix indicatif (2026)Conforme à l’obligation ?Ce qu’il apporte en plus
Têtes thermostatiques programmablesEnviron 50 à 80 € la vanneOuiRéglage radiateur par radiateur, sans gros travaux
Thermostat programmable filaireEnviron 100 à 200 €OuiProgrammation par plages horaires (réduit de nuit, d’absence)
Système connecté multi-piècesNettement plus élevéOuiPilotage à distance, détection de fenêtre ouverte, suivi de consommation

Les trois cochent la case réglementaire. Le surcoût du connecté ne se justifie que si ses fonctions vous servent vraiment au quotidien : pilotage à distance, détection de fenêtre ouverte, suivi de consommation sont des conforts, pas des obligations légales.

À lire aussi : ce qu’un thermostat connecté apporte vraiment.

Ce que ça change vraiment sur la facture

Une régulation bien réglée fait baisser la note, c’est mesuré. L’ADEME estime qu’une programmation par pièce, avec un réduit de nuit et d’absence, peut réduire la facture de chauffage de l’ordre de 5 à 15 %, selon le logement et les habitudes. Encore faut-il s’en servir : poser des consignes différentes selon les pièces, baisser la température quand vous dormez ou quand le logement est vide. Pour le réglage au quotidien, voyez nos conseils pratiques pour économiser sur le chauffage.

Méfiez-vous en revanche du discours qui présente le thermostat comme une solution miracle. Un thermostat ne rattrape jamais une passoire thermique : l’isolation passe avant. Sur un logement mal isolé, vous pilotez la fuite, vous ne la bouchez pas. Regardez d’abord l’état de vos combles et de vos murs (voir notre guide complet sur l’isolation).

Pour l’existant, l’échéance est 2030 et un appareil programmable suffit : inutile de vous ruiner en domotique pour respecter la loi. Le seul piège, c’est de payer du connecté en pensant payer de la conformité.

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