Le 1er octobre 2026, le prix repère du gaz calculé par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) augmente de 6,3 % TTC, et la part qui pèse le plus lourd sur une facture de chauffage grimpe encore davantage, autour de 8 %. Concrètement, si vous chauffez au gaz avec une offre indexée, comptez de l’ordre de 120 € de plus sur l’année. Si votre contrat est à prix fixe, rien ne bouge avant la fin de votre engagement. Avant de s’alarmer, ce chiffre mérite d’être remis à sa place : resitué face aux autres modes de chauffage, le gaz n’est ni plus ni moins compétitif qu’il y a un mois.
Ce qui change concrètement au 1er octobre
Le prix repère du gaz est l’indicateur que la CRE publie chaque mois pour donner une base de comparaison aux offres indexées : il ne fixe aucun tarif imposé, mais la plupart des fournisseurs calquent leurs offres indexées dessus. Au 1er octobre, il passe de 172,05 € à 182,88 € par mégawattheure TTC en moyenne tous usages confondus, soit une hausse de 6,3 %. Le kWh du volet chauffage grimpe plus fort que celui de la cuisson et de l’eau chaude : autour de 8 % contre environ 6,4 %, un écart qui tient à la part de facture directement liée aux cours de marché, plus lourde sur le poste chauffage que sur le reste. Pour donner une image concrète du volet chauffage : le kWh passe d’environ 0,135 € à environ 0,146 € TTC, une différence qui semble modeste ligne à ligne mais qui se répète sur chaque kWh consommé tout l’hiver. Sur une facture annuelle, la CRE évalue l’impact à environ 120 € de plus qu’en 2025 pour un ménage type en offre indexée, l’abonnement restant lui inchangé.
Pourquoi cette hausse maintenant
Cette hausse ne vient ni d’une décision politique ni d’une taxe nouvelle : elle reflète la composante du prix qui suit les cours du marché de gros du mois précédent, recalculée chaque mois et donc tout aussi capable de redescendre en novembre. Pour ce mois d’octobre précisément, ces cours ont grimpé en août par rapport à juillet. La cause exacte de cette remontée reste discutée, et mieux vaut le dire franchement plutôt que de reprendre une explication toute faite : plusieurs lectures circulent pour expliquer la tension sur le marché européen du gaz à l’approche de la saison de chauffe, sans qu’un consensus clair s’en dégage. Ce qui est vérifiable, en revanche, c’est le mécanisme : seule la part approvisionnement du prix bouge au 1er octobre, les tarifs de réseau et les taxes restant identiques à septembre.

Offre indexée ou prix fixe : qui encaisse la hausse
Toutes les factures de gaz ne réagissent pas de la même façon à cette hausse. Une offre indexée suit le prix repère mois après mois : la hausse du 1er octobre s’y répercute directement, sans délai. Une offre à prix fixe, elle, verrouille un tarif pour la durée de l’engagement, en général un an ou deux : tant que ce contrat court, la facture ne bouge pas, quoi qu’il se passe sur le prix repère entre-temps. Selon la CRE, environ 40 % des foyers chauffés au gaz avaient une offre à prix fixe fin 2025 : les 60 % restants, sur les plus de dix millions de contrats de gaz naturel recensés en France, encaissent la hausse dès ce mois-ci. Le geste le plus simple avant de s’inquiéter reste de vérifier sur son dernier avis d’échéance ou son espace client si l’offre souscrite est indexée ou à prix fixe, et jusqu’à quand ce prix fixe est garanti. À l’échéance d’un contrat à prix fixe, la même question se repose : reconduire un prix fixe au tarif du moment, ou basculer sur une offre indexée qui montera et descendra avec le prix repère.
Que faire avec cette information
Une hausse de 6 à 8 % ne tranche pas, à elle seule, la question de fond de savoir s’il faut garder une chaudière gaz. En trente ans à poser et dépanner des chaudières, je n’ai jamais vu la question du contrat passer avant celle de l’isolation : un logement qui laisse filer la chaleur par des combles négligés coûte cher quel que soit le prix du kWh, gaz ou autre énergie. Avant de changer de système sur un coup de tête après une actualité tarifaire, la liste des gestes qui font vraiment baisser une facture de chauffage reste le premier réflexe, sans travaux ni changement de contrat.
Pour ceux qui se posent la question de fond, deux lectures restent utiles sans urgence : pour qui le gaz reste pertinent en 2026, et le comparatif chiffré entre pompe à chaleur et chaudière. Une hausse ponctuelle du prix repère est une donnée de plus, pas un verdict : elle se pèse sur plusieurs années de facture, pas sur un seul mois d’octobre.
Crédit photo : TBIT et Jaxel via Pixabay.




